Culture foot : à la défense du titre

Ce samedi, la Coupe MLS était en jeu. Après une ronde éliminatoire disputée entre 12 équipes, les finalistes, le Toronto FC et le Seattle Sounders FC, ont de nouveau croisé le fer en finale. Si Seattle a eu la rare opportunité de défendre son titre, un exploit accompli seulement trois fois depuis les débuts de la Major League Soccer, en 1996, c'est Toronto, au bout du compte, qui a évité de voir le trophée lui filer entre les doigts devant ses supporters pour une deuxième année consécutive.

Que ce soit en Amérique du Nord ou ailleurs dans le monde, rien ne démontre mieux la suprématie d’une équipe que de défendre avec succès sa couronne. Ces exploits font naitre des dynasties et déterminent les légendes d’un club. Seattle pourrait passer à l’histoire samedi. Mais avant de plonger dans cette finale, survolons les autres équipes à avoir conservé le pommeau du champion durant deux années de suite, et d’autres qui sont passées bien près de le faire.

Houston Dynamo
Coupe MLS
2006-07

Une atmosphère électrique régnait au Robertson Stadium, le 2 avril 2006, lors du tout premier match du Houston Dynamo, qui venait de poser ses valises dans sa nouvelle terre d’accueil, le Texas, après 12 ans en MLS à San Jose. Ce match d’ouverture a été de bon augure pour la vague orange et s’est conclu par une victoire de 5-2 sur les Colorado Rapids. Houston allait terminer la saison régulière au deuxième rang de l’Association Ouest.

La finale 2006 opposait le Dynamo au New England Revolution, une équipe qui était passée bien près des grands honneurs lors des saisons précédentes, atteignant la finale d’Association en 2003 et en 2004 avant de se qualifier pour la Coupe MLS en 2005, qui irait en faveur du LA Galaxy.

Les Revs semblaient prédestinés au championnat, cette année-là. Après 90 minutes vierges, la Nouvelle-Angleterre ouvrirait la marque à huit minutes de la fin des périodes de prolongation, mais s’est embourbée dans ses célébrations; Brian Ching allait niveler le tout moins d’une minute après l’ouverture du Revolution. On aurait droit à la première séance de tirs au but de la Coupe MLS, remportée par Houston.

La saison suivante, le Dynamo a connu un départ difficile, avec seulement deux victoires en neuf matchs. Les experts ont rapidement écarté les Houstoniens de la course au titre, mais onze victoires consécutives après la pause du match des étoiles ont permis aux champions d’accéder aux séries avec beaucoup de confiance, en tant qu’une des équipes les plus en forme de la ligue.

Une fois de plus, les Revs attendaient les Texans en finale avec la rage de vaincre, mais surtout la peur de subir une troisième défaite consécutive à l’ultime match. Alors que le match était égal 1-1, Dwayne de Rosario est passé dans les annales grâce à un coup de tête victorieux, tard en deuxième mi-temps. Pour la deuxième fois de l’histoire de la MLS, une équipe défendait avec succès son titre. Du côté du New England Revolution, la malédiction se poursuit : les Bostonnais sont au sommet de la MLS pour le nombre de défaites en finale, avec cinq, et toujours aucune bannière de champion.

Manchester United
Ligue des champions de l’UEFA
2008-09

Manchester United est en train de renaître de ses cendres. Le passage à vide causé par le départ de Sir Alex Ferguson à la retraite semble bel et bien terminé, avec des super vedettes comme Romelu Lukaku, Paul Pogba, Zlatan Ibrahimovic et des jeunes espoirs excitants comme Marcus Rashford, Jesse Lingard et Anthony Martial. Depuis que le légendaire manager est parti, United ne compte aucun titre de Premier League et s’est départi de deux entraîneurs de renommée internationale en David Moyes et Louis van Gaal.

Mais en 2008, Manchester United méritait bien son surnom. Les Red Devils pouvaient compter sur Cristiano Ronaldo, bien sûr, épaulé par les vétérans Paul Scholes et Ryan Giggs, son compatriote Nani, et un Wayne Rooney dans la fleur de l’âge, sans oublier Carlos Tevez. Derrière, pour marquer, il fallait traverser Rio Ferdinand, Nemanja Vidić, Gary Neville et le gardien Edwin van der Sar…

Pour la finale de cette édition de la Ligue des champions, deux clubs anglais s’affrontent pour la première fois à ce stade de la compétition. Sur la route des Mancuniens, on trouve Chelsea, rival de Premier League. Vous vous souviendrez peut-être de cette séance de tirs au but, lors de laquelle le capitaine londonien John Terry glisse, effleure l’extérieur du poteau droit et s’effondre en larmes... United, pendant ce temps, soulève pour la troisième fois le trophée aux grandes oreilles.

La saison suivante, la moitié rouge de Manchester se retrouve une fois de plus en finale, cette fois contre les demi-finalistes de l’édition précédente – éliminés par United –, le FC Barcelone. Un choc de titans dans lequel les meilleurs joueurs de la planète s’affrontent : Messi et Ronaldo. Le Barça ouvre le score, puis Messi se lâche : il marque l’un des buts iconiques de sa carrière, un coup de tête rare mais éblouissant, qui laisse van der Sar pantois. Manchester United ne pourra pas répéter l’exploit.

LA Galaxy
Coupe MLS
2011-12

Si le Houston Dynamo l’a fait au New England Revolution quelques années auparavant, c’était maintenant leur tour de subir cet affront.

Le LA Galaxy est le club le plus titré en MLS, avec cinq Coupes MLS au compteur. De plus, les Californiens ont été quatre fois finalistes déçus, pour un total de neuf présences en finale. Et si l’effectif original du Galaxy était impressionnant, c’est possiblement la meilleure équipe de l’histoire de la ligue qui a gagné deux Coupes MLS coup sur coup.

Avec des galactiques comme David Beckham, Robbie Keane et Landon Donovan, le LA Galaxy faisait figure de favori avant chacune des deux finales contre le Houston Dynamo, en 2011 et en 2012. Le premier duel s’est terminé 1-0 grâce à un but gagnant lobé par Donovan, guidant les siens vers la terre promise.

Houston a gardé en tête durant toute la saison 2012 que la vengeance est un plat qui se mange froid. Au match ultime, un but juste avant la pause permet aux Texans de rêver aux grands honneurs, mais le Galaxy a sorti ses griffes, revenant à égalité avant que la légende américaine Donovan marque un penalty et un deuxième but synonyme de Coupe en deux ans.

Il faut noter que 2011 et 2012 ont été les deux seules saisons complètes de David Beckham en Californie, lui qui avait été prêté à l’AC Milan à quelques reprises.

Ces deux titres étaient également les troisième et quatrième de Bruce Arena, qui allait en ajouter une cinquième en 2014.

Real Madrid
Ligue des champions de l’UEFA
2016-17

Depuis 1992, moment où la vieille Coupe des clubs champions d’Europe s’est transformée en Ligue des champions actuelle, personne n’avait défendu avec succès son titre jusqu’à ce que le Real Madrid de Zinédine Zidane ne le fasse, il y a quelques mois, par une grande victoire de 4-1 sur la Juventus, au Millenium Stadium de Cardiff – peut-être un peu à cause de leur stage à Montréal, à l’été 2016?

La Vieille Dame a commencé cette finale sur les chapeaux de roue, avec la confiance d’une équipe qui avait montré la porte de sortie au FC Barcelone et à l’AS Monaco, en quart-de-finale et en demi-finale, respectivement. Mario Mandzukic permet aux Turinois d’égaliser de manière spectaculaire, mais après la pause, le Real a fait flèche de tout bois, marquant trois fois sans réplique pour se sauver avec sa 12e coupe européenne.

La saison précédente, la finale de la Ligue des champions était un derby tout madrilène. L’Atlético avait rejoint la finale pour une deuxième fois en trois ans et, une fois de plus, le Real était sur son chemin. Les deux fois, on s’est rendu à la séance de tirs au but. Les deux fois, le Real a gagné.

D.C. United
Coupe MLS
1996-97

Dirigé par Brune Arena à l’époque, le D.C. United a mis la barre haute pour les autres clubs originaux de la ligue en remportant les deux premières éditions de la Coupe MLS.

Les origines de la MLS proviennent de l’organisation de la Coupe du monde de la FIFA aux États-Unis, en 1994, l’une des principales conditions liées à la candidature américaine étant la création d’une première division professionnelle. C’est ainsi que la MLS est née, avec seulement 10 équipes lors de sa saison inaugurale. Des débuts rocambolesques du club de la capitale n’auront pas été fatals pour le D.C. United, qui s’est frayé un chemin jusqu’en finale, où le LA Galaxy attendait. Cette première Coupe MLS allait être mémorable, avec un retour de l’arrière des représentants de Washington et une victoire en prolongation, après avoir accusé un déficit de deux buts.

Le D.C. United allait poursuivre sur sa lancée lors de la saison suivante, écrasant ses adversaires jusqu’en finale, y battant les Colorado Rapids. Bruce Arena allait tirer sa révérence après ce succès pour rejoindre l’équipe nationale étasunienne et United allait connaître une baisse de régime après deux championnats successifs.

Brésil
Coupe du monde de la FIFA
1994, 1998

À quelques mois de la prochaine Coupe du monde, le Brésil semble avoir un effectif qui peut aspirer aux grands honneurs pour la première fois depuis longtemps. Depuis son succès mondial en 2002, le Brésil a été plutôt décevant sur la scène internationale; il faut dire que c’est difficile de perdre des légendes vivantes comme Ronaldo, Adriano, Ronaldinho, Roberto Carlos et tant d’autres d’un seul coup.

À une certaine époque, le Brésil faisait toujours figure de favori. En 1994, c’était le cas. Les États-Unis accueillaient le tournoi mondial, qui mettrait en opposition en finale les Brésiliens et une puissante sélection italienne, avec Roberto Baggio en pointe. 120 minutes de foot sans but ont signifié qu’une première séance de penalties aurait lieu en finale de Coupe du monde. Baggio allait passer à l’histoire, mais pour la mauvaise raison : son péno part en orbite, par-dessus la barre transversale, et le Brésil est champion du monde.

À l’édition suivante, les Brésiliens ont fait leur chemin jusqu’en finale, où les hôtes attendaient. La France, ragaillardie par ses supporters et un milieu de terrain incroyable, allait gagner 3-0 au Stade de France, empêchant la Seleção de conserver le titre de champion du monde pour quatre autres années.

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