SAM PIETTE

Piette, d’expat à produit local

Il y a longtemps que Samuel Piette a pu dire qu’il était chez lui à Montréal. Originaire de Repentigny, le nouveau numéro 6 de l’Impact a laissé sa province natale derrière lui au tout jeune âge de 14 ans pour traverser l’Atlantique et aller au FC Metz, grâce à un partenariat avec la Fédération de soccer du Québec.

« Partir seul à 14 ans m’a aidé à acquérir de la maturité, dit Piette. J’ai emménagé seul dans mon premier appartement à 17 ans. C’était spécial. Je devais terminer deux années et demie du secondaire à distance. Terminer l’école de mon côté m’a apporté beaucoup; de la persévérance, puisque ça a été difficile. Tu es seul, sans ta famille, sans amis pour t’aider. Mais ça m’a aidé à devenir l’homme que je suis aujourd’hui. »

En 2012, Piette a quitté le FC Metz pour rejoindre le Fortuna Düsseldorf, en Allemagne. Il est demeuré en Rhénanie pendant deux ans, avant de prendre la direction de l’Espagne, signant un contrat d’une saison avec le Deportuvo de La Coruña, au nord-ouest de la péninsule ibérique, où il a intégré l’équipe réserve, pensionnaire de la Tercera División. Piette a ensuite été prêté au Racing de Ferrol pour la saison 2015-16. En juillet 2016, le CD Izarra l’a approché.

« Le fait que j’aie vécu trois différents types de soccer a été très positif pour moi, explique le milieu défensif. Dans chaque pays où j’ai joué, j’ai touché à un style différent. En France, j’ai appris la technique et le jeu individuel. En Allemagne, c’était beaucoup plus physique, presque robotique. J’ai appris au niveau du travail acharné et de la discipline. Après ça, en Espagne, j’ai vu le ballon beaucoup plus souvent et j’ai appris sur le plan de la tactique, du positionnement, et du travail d’équipe. »

Ces expériences ont formé le Samuel Piette avec qui les supporters de l’Impact sont rapidement tombés en amour, tant sur le terrain qu’à l’extérieur de celui-ci.

« Je suis un mariage des trois styles, ajoute Piette. Je ne suis pas le joueur le plus technique, mais mon passage en France a fait de moi un joueur propre. Je suis très physique et agressif pour gagner le ballon; je dirais que c’est mon côté allemand. Tactiquement, je suis bon pour me positionner. Je suis habituellement devant la défense pour couvrir les espaces quand on n’a pas possession du ballon et je me place bien pour toujours être disponible. L’apprentissage tactique et des angles, ça s’est fait en Espagne. »

Le résultat donne un joueur complet sur qui on peut se fier lors d’un match. C’est une qualité importante, puisqu’en tant que milieu de terrain, on lui demande de prendre beaucoup de responsabilités.

« Ça a toujours été ma position préférée, confie Piette. À l’époque, aux Jeux du Québec, j’étais un milieu de terrain offensif, mais mon entraîneur a vu que mon jeu était très propre. C’est une position plus rapprochée de mon propre but, c’est donc important d’être le plus précis possible, puisqu’une seule erreur peut coûter un but. Ça représente plus de responsabilités et j’aime cette position. J’ai appris à l’aimer de plus en plus et aujourd’hui, je pense que ce sera ma position pour le reste de ma carrière. »

Le Québécois a rejoint l’Impact de Montréal en août 2017 et a été nommé au sein de l’Équipe de la semaine de la MLS après son tout premier match avec le maillot bleu-blanc-noir. Son intégration dans le circuit Garber s’est fait sans anicroche. Pour Piette, c’est en grande partie parce qu’il revient en terrain connu.

« J’ai le sentiment de faire partie de la communauté ici, explique Piette. En Europe, j’étais toujours l’étranger qui venait d’un pays peu connu. Ici, je croise les gens dans la rue et ils me reconnaissent et témoignent de leur appréciation, c’est le fun. Jouer à Montréal, c’est un honneur pour moi. C’est l’équipe que j’ai toujours voulu représenter. »

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