CF_Cendrillon_2017

Les histoires Cendrillon

Les histoires Cendrillon sont spéciales dans le monde du sport. Un négligé qui se rend jusqu’au bout est l’une des plus belles sensations que le sport peut nous faire vivre. Le monde du foot vit également son lot d’histoires invraisemblables, d’équipes Cendrillon… Comment oublier l’énergie entourant Leicester City il y a deux ans?

C’est pourquoi on aime encourager le négligé : ses succès font vivre de fortes émotions. Bien qu’il n’ait encore beaucoup de pain sur la planche, le Columbus Crew SC a été impressionnant jusqu’à maintenant dans les séries éliminatoires de la MLS, éliminant une équipe admirée d’Atlanta United FC dans la ronde de barrage, avant de montrer la porte de sortie à David Villa et au New York City FC sur deux matchs en demi-finale d’Association.

Ainsi, pour souligner cette potentielle équipe Cendrillon, Impact Média vous présente 10 instances où David a eu le dessus sur Goliath dans le soccer mondial.

10. Atlético Madrid
La Liga
2013-14

Depuis 2004, lorsque Valencia avait été sacré champion de la première division espagnole, La Liga a été dominée par le Real Madrid et par Barcelone – pendant 10 ans. L’Atléti, mené par Diego Simeone, a assommé le monde du soccer en gagnant son premier titre depuis 1996.

La course vers le championnat a été excitante au possible : Atlético a fait face à Barcelone lors du dernier match de la saison, ayant besoin d’une victoire ou d’un nul pour soulever le trophée. Après l’ouverture du score par Alexis Sánchez en première mi-temps, Diego Costa et Arda Turan ont dû sortir sur blessure. La tâche allait être difficile pour « l’autre » équipe madrilène, mais le miracle est venu de la tête de Diego Godín.

Le triomphe de l’Atléti a forgé la réputation du club partout en Europe et l’a aidé à monter une équipe qui pourrait rivaliser avec les deux géants espagnols. Los Colchoneros iront deux fois en finale de Ligue des champions dans les années subséquentes, mais s’inclineront à chaque fois contre le voisin du Real.

9. Colorado Rapids
MLS Cup
2010

Vous vous rappelez la Coupe MLS 2010? Nous non plus. Lors d’une journée pluvieuse et glaciale à Toronto, les Colorado Rapids affrontaient le FC Dallas, ces derniers ayant éliminé de manière impressionnante en demi-finale les gagnants du Supporters’ Shield, le LA Galaxy, 3-0.

Le Colorado a connu une saison moyenne, terminant cinquième au classement général; il faut mentionner qu’à ce moment, les qualifications pour les séries éliminatoires étaient déterminées bien différemment. Les deux meilleures équipes de chaque Association obtenaient leur billet, suivies des quatre meilleurs clubs peu importe l’Association. Ainsi, cette année-là, six équipes de l’Ouest ont participé au tournoi automnal et la finale de l’Est s’est jouée entre les San Jose Earthquakes et les Colorado Rapids…

Avec une égalité de 1-1 qui a persisté après 90 minutes, une prolongation a été nécessaire pour déterminer un vainqueur. Ce qui s’est passé après est inédit. Macoumba Kandji s’est créé une opportunité à lui seul en passant au cœur de la charnière, à l’orée de la surface, et a donné un coup sur le ballon en tombant. L’objet a été dévié par un défenseur de Dallas avant d’entrer dans la cage texane. Un but contre son camp comme on en voit plusieurs, mais sur le jeu. Kandji se déchire le ligament croisé antérieur. Désormais à 10, le Colorado résistera pour soulever sa seule et unique Coupe MLS.

8. Calais RUFC
Finale de Coupe de France
2000

Les coupes nationales sont souvent de belles opportunités pour les clubs de divisions inférieures de se frotter à des géants. En 2000, dans la Coupe de France, le Calais RUFC a saisi sa chance. Avertissement : ce n’est pas une histoire qui finit bien…

Fondé en 1974 comme club amateur en fusionnant deux entités locales, le Calais RUFC était un illustre inconnu jusqu’au nouveau millénaire. Cette année-là, une équipe faite de travailleurs portuaires et de commis de bureaux qui jouait sa campagne en quatrième division s’est rendue en finale de Coupe contre le FC Nantes, club de Ligue 1. En chemin vers la finale, le Calais RUFC a bouffé du Goliath, éliminant Lille LOSC et l’AS Cannes, de Ligue 2, puis le RC Strasbourg, en quart-de-finale, et les Girondins de Bordeaux, 3-1 tout de même en demi-finales, deux membres de la Ligue 1.

La finale a été brise-cœur pour toute la France – excepté pour Nantes, bien sûr. Malgré un but rapide, le Calais RUFC ne peut maintenir le rythme en deuxième mi-temps et doit s’avouer vaincu en raison d’un penalty tardif et controversé.

7. Real Salt Lake
Coupe MLS
2009

Si le Real Salt Lake a fait partie de l’élite en 2010, terminant au deuxième échelon de l’Ouest mais se faisant sortir rapidement des séries, ça a été loin d’être le cas en 2009. Entrant dans le tournoi automnal sur la peau des dents, RSL avait une tâche ardue pour se rendre en finale. Le vieux format de qualification signifiait que Salt Lake aurait à éliminer le champion du Supporters’ Shield, le Columbus Crew SC, au premier tour. Sur leur route, le Chicago Fire, deuxième tête de série, s’est aussi fait écarter, pour mettre la table à une finale contre le LA Galaxy de David Beckham.

Bruce Arena et son équipe étoile qui incluait Beckham, Landon Donovan et Mike Magee était bien évidemment favorite à l’aube de la finale, en vertu de leur pole position dans l’Ouest. Le Galaxy a commencé en force, Magee marquant de la tête après un centre précis, mais le RSL est demeuré hargneux et a marqué un but de laboureur avec une demi-heure à faire au match. On irait jusqu’au bout dans cette rencontre, et la séance de penaltys a vu Donovan envoyer un boulet en orbite, par-dessus la transversale, lui qui avait converti ses 12 tirs précédents. Le Real Salt Lake n’a pas raté sa chance et a soulevé sa première Coupe MLS.

6. Dundee United
Scottish Premier League
1982-83

Ceux qui ne connaissent pas la ligue écossaise pourront constater que l’hégémonie de Glasgow règne. Depuis 1980, le Celtic FC et le Rangers FC ont gagné tous les titres, sauf trois.

La première saison de cette période de trois ans sans champion de Glasgow était en 1982-83. Le Dundee United, qui n’a jamais fini au-delà de la troisième place et voyant les deux géants occuper le sommet du tableau, s’attendait à une saison comme les autres. Tout s’est joué lors du dernier match de l’année, United devant absolument gagner contre le rival de Dundee, à Dens Park. Une victoire de 3-1 leur a permis de gagner la ligue et d’enclencher une période de trois ans où le champion de première division ne serait pas de Glasgow.

5. Nottingham Forest
First Division
1976-77

L’histoire de Nottingham Forest est spéciale; similaire, sinon plus spectaculaire, que celle de Leicester en 2016. La saga commence en janvier 1975. Forest, en 13e position de la deuxième division anglaise, engage Brian Clough comme entraîneur-chef. Immédiatement, le vent change de côté et les Tricky Trees termineront huitièmes. La saison suivante, une troisième place les propulse vers la première division.

Comme équipe nouvellement promue et avec un manque de joueurs talentueux, du moins comparativement aux autres membres de l’élite, on ne s’attendait pas à beaucoup de Forest en First Division, mais le sport nous réserve des surprises… Nottingham commence la saison en lion, gagnant trois matchs de suite et se retrouvant au sommet du classement en octobre grâce à une victoire de 4-0 contre Ipswich Town. À ce moment-là, on s’entend dans les pubs : Forest n’allait pas poursuivre sur sa lancée. « The bubble will burst », comme l’a si bien dit le commentateur de la BBC, Bob Wilson. Mais le train de Nottingham Forest n’arrêtera pas et restera sur les rails; le club deviendrait le premier champion de First Division promu la même année.

4. Danemark
Euro
1992

Avant que la Grèce ne cause toute une surprise en 2004, le Danemark a tout gagné en 1992. Ce qui est étrange, c’est que les Danois n’étaient même pas qualifiés pour le tournoi.

En raison des bouleversements civils en Yougoslavie au début des années 1990, cette sélection a été disqualifiée du tournoi continental et le Danemark a été invité une semaine avant le début des hostilités. Un mois plus tard, le pays allait devenir champion. La plus grosse surprise a été cette victoire sans équivoque en finale contre une Allemagne largement favorite. Le gardien Peter Schmeichel a été influent tout au long de l’Euro et est passé dans la légende comme l’un des meilleurs gardiens de l’histoire.

3. Chicago Fire
Coupe MLS
1998

L’Atlanta United FC a bien impressionné cette saison en MLS en tant qu’équipe d’expansion – possiblement la meilleure depuis les débuts de la ligue, selon certains – bien que l’élimination lors du premier tour nous ait laissé sur notre faim. Mais avant Atlanta, le Chicago Fire a été l’auteur de la plus belle histoire Cendrillon de la MLS.

Le Fire a mis le feu aux poudres en rejoignant la MLS en 1998, battant le LA Galaxy et le D.C. United, l’élite de la ligue, vers leur triomphe en Coupe MLS. Quelques jours après cette finale, l’équipe comprenant Frank Klopas et Jesse Marsch irait compléter le doublé en gagnant la Coupe des États-Unis. À ce jour, le Chicago Fire est toujours le seul club qui a battu le D.C. United en finale de la Coupe MLS.

2. Grèce
Euro
2004

Il y a des surprises, et il y a des SURPRISES. La Grèce n’avait jamais gagné un titre auparavant, et franchement, n’était jamais passé près de le faire. L’entraîneur allemand Otto Rehhagel a instauré un climat de discipline intense et a forgé une défense intraitable, qui serait de plus létale sur coups de pied arrêtés. En trois matchs à élimination directe, les Grecs n’ont jamais concédé et ont marqué à chaque fois sur un coup de tête, contre la France, la République tchèque et le Portugal.

Le plus impressionnant, c’est sans contredit ces deux victoires, en ouverture du tournoi et en finale, contre des Portugais qui jouaient devant les leurs. Un tout jeune Cristiano Ronaldo n’a pu retenir ses larmes au coup de sifflet final…

1. Leicester City
English Premier League
2015-16

5 000 contre un. Un pari d’un dollar pour le titre aux Foxes au début de la campagne 2015-16 vous aurait rapporté 5 000$. Il faut dire que la saison précédente, Leicester City avait tout juste évité la relégation et avait encore comme objectif le maintien, sans plus.

C’est un peu injuste de qualifier l’exploit de Leicester City de surprise, d’histoire Cendrillon ou de qualifier l’équipe de négligée; c’est bien plus que cela. Dans l’histoire de la Premier League, qui remonte à 1992, seulement cinq équipes ont été sacrées championnes; quatre d’entre elles ont des ressources financières pratiquement illimitées, en Manchester United, Arsenal, Chelsea et Manchester City, l’autre étant Blackburn Rovers, champion une seule fois, en 1995. Chaque fois, le champion avait terminé au plus bas troisième la saison précédente.

Leicester a capté l’imaginaire de tous les amateurs de foot en soulevant le trophée en 2016. Ça semblait si improbable que personne n’y croyait vraiment, jusqu’à ce que ce ne soit inévitable. L’attaquant Jamie Vardy a été sensationnel, marquant 24 buts, et Riyad Mahrez s’est révélé comme étant un meneur de jeu habile, agile et intelligent sur le terrain.

Enfin, comment oublier Claudio Ranieri, l’Italien qui a pris les rênes de l’équipe en juillet 2015 et qui a fait face à son lot de sceptiques. Voilà une saison inoubliable non seulement pour Leicester, mais pour toute la planète foot, qui se mérite la première place de notre classement en tant que plus belle histoire Cendillon du ballon rond. Dilly ding, dilly dong.

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