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Lefèvre prête serment à son nouveau pays

Le juge de la citoyenneté Farid Osmane a réservé ces mots à 10 futurs citoyens canadiens, mardi.

« N’ayez pas peur d’avoir des ambitions professionnelles, quelles qu’elles soient, [de vouloir devenir] le Zinédine Zidane ou le Lionel Messi de Montréal. »

Voilà un passage du discours facile à écrire. Le juge Osmane et les 10 candidats étaient au Stade Saputo, qui accueillait la première cérémonie du genre tenue dans un stade canadien, a indiqué Vito Vassallo, représentant de Citoyenneté et immigration Canada.

Parmi les candidats se trouvait le défenseur de l’Impact de Montréal, Wandrille Lefèvre. Le Français d’origine s’est mordu les lèvres lorsque le juge a mentionné Zizou.

« Il est gentil, mais il n’y a qu’un Zidane, a souligné Lefèvre après la cérémonie. Il n’y a qu’un Messi, aussi. Ils restent là où ils sont, et moi, je ferai mon chemin à mon échelle. »

Au moment de parler aux médias, Lefèvre avait prêté serment et chanté l’hymne national de son nouveau pays. Un pays qui, dans les faits, est le sien depuis 11 ans.

Né à Chartres en 1989, Lefèvre a quitté la France à 14 ans, lorsque son père est revenu à la maison en annonçant que, pour des raisons professionnelles, la famille partait au Canada. Après cinq ans au centre de formation de Perpignan, le jeune Lefèvre a dû se rebâtir un chemin vers le soccer professionnel à Montréal.

Lefèvre s’est frayé un chemin jusqu’aux rangs universitaires, chez les Carabins de l’Université de Montréal. C’est là que Philippe Eullaffroy, directeur de l’Académie de l’Impact de Montréal, l’a remarqué. Lefèvre s’est joint à l’Académie au début 2011, a commencé à s’entraîner avec la première équipe en MLS sous Jesse Marsch en 2012 et est devenu pro le 26 février 2013.

« Comme toute personne qui devient un Canadien, je n’étais pas heureux de quitter mon pays, au début, a reconnu Lefèvre. Mais après, voilà, différentes attaches se sont créées ici. Des attaches professionnelles, des attaches sentimentales aussi, qui font que Montréal est devenue ma ville et, à travers ce chemin-là aussi, le Canada est devenu mon pays.

« Si je suis là, c’est par choix. Mes parents sont repartis en France. Moi, je suis resté. C’est par choix. J’aime beaucoup ma vie ici. Je suis pleinement intégré. »

Pour souligner l’intégration de Lefèvre, un collègue lui a offert des biscuits feuille d’érable, mardi matin. Cette attention a plu à Lefèvre, mais c’est un autre symbole d’intégration qui lui donne faim : le maillot de l’équipe nationale. Celle du Canada.

« J’ai déjà eu des contacts avec eux quand j’ai su que j’allais devenir Canadien aujourd’hui – je le sais depuis un petit bout de temps, a indiqué Lefèvre. L’information a circulé. Ils ont d’abord sondé, auprès de moi, quel était mon intérêt. Ç’a été positif de ma part. Eux ont manifesté le leur, qu’effectivement, ça pourrait être quelque chose à explorer, de m’appeler en sélection. »

L’équipe canadienne est un objectif de Lefèvre. La balle est dans le camp de Benito Floro. Lefèvre ne sera pas le Zidane ou le Messi de Montréal. Mais il pourrait devenir le Wandrille Lefèvre du Canada. C’est déjà quelque chose.

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