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Enzo Concina de retour à Montréal

MONTRÉAL – Enzo Concina s’imaginait que s’il devait, un jour, troquer la Serie A pour la MLS, il aboutirait à l’Impact de Montréal.

C’est là qu’il avait terminé sa carrière de joueur, en 1994. Concina avait grandi en voisin ontarien, lui qui avait quitté l’Italie à l’âge de quatre ans. Il finirait, jeune adulte, par retourner dans son pays de naissance pour parcourir les quatrième, troisième et deuxième divisions, 13 ans durant.

En 2010, Concina s’est enfin rendu en première division; l’entraîneur italien Walter Mazzarri l’a invité à joindre son personnel technique à Naples – il allait le suivre à l’Inter Milan ensuite. Quatre ans plus tard, le président de l’Inter, Erick Thohir, a envoyé Concina à son club de MLS, D.C. United; pire équipe de l’Est avec 24 défaites et 59 buts accordés, United avait besoin d’aide. La mission est revenue à Concina, nommé adjoint à Ben Olsen.

Transformé, United a dominé l’Est en 2014. L’équipe a accordé 22 buts de moins. Cette saison aura été la seule de Concina à D.C., puisqu’il a finalement retrouvé l’Impact en janvier, comme entraîneur-adjoint.

« J’ai tenté de mieux structurer la défense [de D.C. United], toute la phase défensive de leur jeu, même, a expliqué Concina en entrevue à MLSsoccer.com. En Italie, on travaille avec un système. J’ai fait de mon mieux pour mettre un système en place. C’est facile de dire qu’on joue à quatre derrière en défense de zone, mais que doivent faire les joueurs? Quelles sont les règles d’engagement sur le terrain, selon la situation? J’ai travaillé là-dessus suffisamment pour qu’on voie quelque chose de différent par rapport à l’année précédente. »

Le message de Concina respire l’humilité. Il soutient que, dans les faits, il n’a pas contribué à renverser la tendance à D.C., puisqu’il aurait fallu pour cela qu’il subisse la « cauchemardesque » saison 2013.

Concina lance plutôt des fleurs au personnel de D.C. United. Il souligne que l’équipe a d’abord et avant tout embauché de nouveaux joueurs et marié l’expérience à la jeunesse, comme en témoigne l’intégration facile de Steve Birnbaum, candidat au titre de recrue de l’année – « Ce sera un joueur fiable pour n’importe quel entraîneur et n’importe quelle défense dans cette ligue », reconnaît Concina.

Parions que Concina resterait modeste si l’Impact devait réussir un tel revirement de situation après la terrible saison 2014 – il n’était pas là non plus. Mais il sait ce qui doit être fait.

« À D.C., j’ai travaillé sur l’aspect individuel des quatre défenseurs et sur l’aspect collectif de la défense et de toute la phase défensive du jeu, s’est rappelé Concina. C’est ce que je dois faire ici. Après une semaine, on peut voir qu’il y a du travail individuel à faire pour certains joueurs. Et, bien sûr, je crois que nous pouvons mieux organiser la défense et mettre davantage l’accent là-dessus. »

L’Impact a trop tenté d’être une équipe offensive la saison dernière, soutient Concina, qui martèle que les adversaires devront mériter chaque but marqué contre l’Impact en 2015. Chaque joueur vêtu du bleu-blanc-noir devra y contribuer. On a peut-être pu sortir Enzo Concina de la Serie A, mais on n’a pas sorti la Serie A d’Enzo Concina.

« En Europe, on ne peut se permettre que deux joueurs ne défendent pas, a-t-il souligné. Il peut y en avoir un – l’attaquant. Mais tous les autres doivent défendre. C’est ce qui va se produire dans cette ligue, tôt ou tard. Je veux prendre de l’avance. »

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