Les avantages de jouer à domicile

Aujourd’hui, l’adjoint de Marc Dos Santos, Mauro Biello est bien placé pour comprendre ce que cela signifie, lui qui a porté le maillot de l’Impact durant 16 saisons. « C’est toujours spécial, on a vraiment hâte de recommencer à domicile, raconte-t-il. L’Impact joue chaque année ses premières rencontres sur la route, mais notre saison ne démarre jamais réellement avant notre premier match chez nous. »



Cette envie est motivée par de nombreux éléments. « Quand tu joues chez toi, les gens se déplacent pour t’appuyer, explique Antonio Ribeiro. Tu joues devant ta famille et tes amis, c’est un élément de plus qui te pousse à vouloir gagner. C’est très important, et ça explique que l’état d’esprit change même quand il y a peu de monde au stade, comme ça a été le cas dans le passé pour certains de nos adversaires. »



PLUS DE CONFORT, PLUS DE RISQUES

« S’il n’y a pas de grande foule, la différence est quand même moins importante, tempère Simon Gatti. Quand je jouais à l’université, il n’y avait pas de kop (NdlA : de tribune avec des gens qui chantent presque en permanence), donc l’avantage n’était pas aussi important. Il n’empêche, ne pas jouer chez soi reste toujours difficile : il y a le voyage, le fait de ne pas manger comme d’habitude, d’être à l’hôtel plutôt qu’à la maison. Ça nous sort de notre routine. »







Si Marc Dos Santos aime les joueurs capables de sortir de leur zone de confort, il sait que celle-ci est un atout quand l’Impact joue à Montréal. « Il y a le public, mais aussi le terrain dont on connaît chaque coin, un confort plus grand chez les joueurs. Plus à l’aise, ça les pousse à prendre plus de risques », fait remarquer l’entraîneur.



Car il ne faut pas se méprendre : l’entraîneur de l’Impact ne donne pas de consignes différentes en fonction du lieu du match. « Notre attitude est de mettre en pratique un système, peu importe qu’on joue à la maison ou à l’extérieur. Notre ligue est très particulière avec des séries éliminatoires qui permettent au sixième classé, sur huit équipes, de quand même aspirer au titre de champion, et pas de relégation. Mais même dans un championnat classique, je ne suis pas pour le changement de principes en fonction du lieu où on joue. Ça doit plutôt dépendre des qualités de l’adversaire. Parfois, à l’extérieur, la plus grande préoccupation est de viser un point. C’est une philosophie à changer chez nos joueurs car c’est l’idéal pour se mettre dans une situation perdante. »



Un avis partagé par Philippe Billy. « En Italie par exemple, dans une équipe qui joue le maintien, certains joueurs se contentent du nul à l’extérieur. Certains pensent que perdre contre la Juventus ou Milan, ce n’est pas grave. Je n’aime pas cette mentalité, je préfère jouer le haut du tableau, comme chez l’Impact. »



LA THÉORIE ET LA PRATIQUE

Sur papier, la mission des joueurs est donc identique. « Mais en pratique, c’est autre chose, poursuit l’arrière droit français. Surtout dans la NASL, avec de longs déplacements et une ambiance très différente dans les autres stades. Devant notre public, on a davantage de motivation. On est chez nous, on est censé avoir le ballon et faire le jeu. Je me suis d’ailleurs rendu compte l’an dernier qu’on jouait beaucoup mieux à domicile par rapport à l’extérieur. Mais c’est beaucoup plus inconscient que volontaire. »



Billy, qui a joué en France, en Belgique et en Italie, est bien placé pour comparer les situations. « En Europe, les voyages sont moins longs, beaucoup de supporters font les déplacements, les ambiances sont identiques d’un stade à l’autre. »



Pour les supporters, un match de l’Impact à domicile comporte un avantage considérable : celui de pouvoir se rendre au stade afin d’encourager ses couleurs ! Et la hâte est encore plus grande pour le premier match de la saison, après plus de six mois d’attente. La récompense arrive bientôt : ce samedi, sur le coup de 14h30.



Matthias Van Halst, Impact Média



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