Top 5 – Les vieux renards des surfaces

À 38 ans, il tient une forme physique que bien des joueurs pourraient lui envier. Rares sont les attaquants encore capables de jouer au plus haut niveau à cet âge. Nous avons donc dû fouiller au milieu des denrées rares pour vous trouver cinq attaquants toujours prolifiques malgré le poids des années.

ROGER MILLA – CAMEROUN

Si la Coupe du monde 1990 a souvent été triste, l’attaquant camerounais Roger Milla lui a insufflé beaucoup de couleur. Alors qu’il avait aidé Montpellier à monter en D1 française en 1989, Roger Milla, 37 ans, prenait tranquillement sa retraite de joueur de soccer. Jusqu’à ce que le président du Cameroun intervienne pour lui demander de jouer pour son pays au Mondiale italien. Milla accepte et, après avoir vu ses coéquipiers battre l’Argentine lors du match d’ouverture, marque deux fois contre la Roumanie, offrant à ses couleurs une place en huitième de finale. À ce stade de la compétition, contre la Colombie, Milla inscrit deux buts en prolongation et qualifie pour la première fois de l’histoire une équipe africaine pour les quarts de finale de la compétition. Son charisme lui permet d’être sélectionné pour la Coupe du monde 1994, bien moins glorieuse pour le Cameroun. Ce qui n’empêche pas le vieux Lion indomptable d’y inscrire un but, ce qui en fait, à 42 ans et 1 mois, le buteur le plus âgé en phase finale de Coupe du monde.

TEDDY SHERINGHAM – ANGLETERRE

En 1997, Teddy Sheringham, indissociable du club de Tottenham, passe à 31 ans sous les couleurs de Manchester United. Sa première saison est difficile, beaucoup de monde considère que c’est un transfert raté et peu le voient faire de vieux os à Old Trafford, où débarquent de nouveaux attaquants réputés. Il reste mais, lors de la saison 1998-1999, ne joue que la moitié des rencontres, souvent comme remplaçant. C’est à ce titre qu’il monte au jeu lors de la finale de la Ligue des champions, contre les Allemands du Bayern Munich, alors que Manchester est mené 0-1. Dans les arrêts de jeu, Sheringham égalise avant d’offrir le but de la victoire à son équipier Ole Gunnar Solksjaer. Il devient un véritable héros et sa carrière est relancée. En 2000-2001, il marque 15 buts et des voix s’élèvent pour que l’attaquant de 35 ans soit rappelé en équipe nationale anglaise. Il retourne ensuite à Tottenham avant de jouer pour Portsmouth puis West Ham où il devient, à 40 ans et 139 jours, le buteur le plus âgé de la Premier League.

ROMARIO – BRÉSIL

Après avoir passé ses plus belles années au PSV Eindhoven et au FC Barcelone, Romario de Souza Faria retourne jouer dans le championnat brésilien en 1995, à l’âge de 29 ans. Jusqu’en 2001, il marque une vingtaine de buts par an, pour Flamengo puis Vasco de Gama. Très sûr de ses capacités, il ne tient pas à raccrocher les crampons et, malgré des cheveux de plus en plus gris, s’accroche sur les terrains. Malgré un séjour moins reluisant à Fluminense et un exil raté au Qatar, il revient à Vasco de Gama en 2005, où il trouve 24 fois le fond des filets. D’après ses calculs personnels, le Brésilien approche des 1000 buts et tient à franchir cette marque. Il passe ainsi une saison au Miami FC en 2006 et termine la saison en tête des buteurs de la D1 des United Soccer Leagues à 40 ans ! Il joue deux fois contre l’Impact, mais Nevio Pizzolitto le serre de près et il ne marque pas. Après un passage en Australie, Romario retourne à Vasco de Gama, où il inscrit son millième but, puis joue quelques minutes en 2009, à 43 ans, pour America, club de D2 du championnat de l’État de Rio de Janeiro.

GIANFRANCO ZOLA – ITALIE

Les joueurs italiens en Angleterre ont toujours été rares et quand Gianfranco Zola signe en 1996 à Chelsea (qui n’était pas encore le club superpuissant que l’on connaît aujourd’hui), sa réussite est loin d’être garantie. Sous les ordres de Ruud Gullit, il devient une valeur sûre de l’équipe londonienne qui compte en ses rangs un autre talent offensif italien : Gianluca Vialli. Sans être un renard des surfaces, Zola inscrit presque chaque année une petite dizaine de buts, souvent importants, comme en finale de la Coupe d’Europe des Vainqueurs de Coupe 1998. Il dispute sa saison la plus prolifique en 2002-2003, alors âgé de 37 ans, durant laquelle il trouve le fond des filets à 14 reprises. C’est alors que le club est racheté par Roman Abramovich, qui supplie Zola de rester. Mais l’attaquant italien a donné sa parole à Cagliari, dans sa Sardaigne natale, qu’il aide à remonter en Serie A avant d’y disputer sa dernière saison en 2004-2005 et de marquer encore 9 buts à 39 ans.

WILLY WELLENS – BELGIQUE

Un petit plaisir personnel et un merveilleux souvenir d’enfance… Saison 1990-1991 : le club de ma jeunesse, le RWD Molenbeek, vient de monter en D1 belge et se morfond en fond de classement. Pour réveiller les troupes, l’entraîneur Hugo Broos fait appel à trois « papys » qu’il connaît très bien : le milieu défensif Stan Van de Buys (33 ans), le milieu offensif demi-finaliste du Mundial ‘86 Franky Vercauteren (34 ans) et l’attaquant Willy Wellens (36 ans), champion avec Molenbeek en… 1975. Pas encore en forme, ce dernier entre à la mi-temps contre le CS Bruges alors que le marquoir indique de 2-3 en faveur des visiteurs. Lors de sa première touche de balle, Wellens égalise. Sur la seconde, il effectue une talonnade qui permet à un équipier de lui rendre le ballon en excellente position dans le rectangle, où il est fauché. Penalty : Wellens le convertit ! Pointage finale : 4-3. Wellens marquera 13 buts en 26 rencontres cette saison-là et, en partie grâce à lui, le club se maintiendra en D1.

Matthias Van Halst, Impact Média

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